L’Unsa, une inexorable ascension ?
Image
En apparence, la pesée de la représentativité syndicale dans le secteur privé n’a débouché, le 31 mars 2017, que sur un nouveau statu quo, comme en 2013, avec les cinq mêmes confédérations reconnues au niveau interprofessionnel.
 
Sans aucun changement notable, si ce n’est l’ordre d’arrivée des deux premiers, CFDT et CGT. En réalité, le fait marquant pourrait bien être les 5,35 % de suffrages de l’Unsa. Un score encore loin du seuil interprofessionnel de 8 %, certes, mais en hausse de 1,06 point par rapport à 2013, soit la plus forte progression en nombre de suffrages (+ 28,8 %).
 
L’Unsa est désormais représentative dans 86 conventions collectives nationales (CCN) employant 3,3 millions de salariés, contre 1,2 million de salariés en 2013. « La tortue Unsa avance le plus vite, commente son secrétaire général, Luc Bérille. Ce qui valide notre offre syndicale spécifique, même si nous pouvions espérer encore plus, bien sûr. »
 
La marque Unsa est porteuse

« L’Unsa est dans une dynamique réelle et s’inscrit durablement dans le paysage syndical », analyse Nicolas Farvaque, directeur du pôle recherche et études d’Orseu, un cabinet de conseil aux IRP qui travaille souvent avec le syndicat.
« L’objectif 2017 s’est avéré fédérateur pour les militants, pour s’implanter dans les entreprises ou renforcer leur présence. La marque Unsa est porteuse, parce qu’elle a l’attrait d’un produit différent, jamais testé.
Avec un pouvoir de signature laissé à chaque section syndicale et une ligne qui se situe à l’intersection entre le réformisme affiché de la CFDT, mais sans ses pratiques centralisatrices, et l’autonomie de Solidaires, mais sans ses prises de position tranchées. »
Résultat, l’Unsa conquiert sa représentativité dans un grand nombre de branches…