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Maladie : Trois fois plus de cancers d’origine professionnelle

L’actualité | publié le : 22.04.2019 | Ingrid Seyman

L’Assurance maladie enregistre chaque année une moyenne de 1 840 nouveaux cas de cancers d’origine professionnelle. Bien que ce chiffre ait triplé en vingt ans, il est très en deçà du nombre réel de cancers liés à une exposition sur le lieu de travail.

Sombre constat : selon le rapport que vient de publier l’Assurance maladie (« Santé travail : enjeux et actions »), le nombre de cancers reconnus d’origine professionnelle a plus que triplé en vingt ans. Entre 2013 et 2017, l’Assurance maladie a ainsi enregistré une moyenne de 1 840 nouveaux cas annuels, dont 80 % étaient liés à une exposition à l’amiante. Ces cancers professionnels touchaient principalement des hommes (à 96 %), retraités, avec un âge moyen de déclaration à 68 ans. Sans surprise, la plupart des malades sont des ouvriers, ayant travaillé dans des secteurs particulièrement exposés à l’amiante, tels que la métallurgie (39 % des cas recensés) ou le BTP (24 %).

Une sous-déclaration bien trop élevée

Bien qu’en constante augmentation, le nombre de cancers d’origine professionnelle reconnus comme tels par l’Assurance maladie est très en deçà de la réalité. À en croire l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, la part des cancers attribuables à des expositions sur le lieu de travail est en effet comprise dans une fourchette allant de 14 000 à 30 000 cas par an. À titre de comparaison, l’Assurance maladie n’en a enregistré que 1 940 en 2017 ! Cette sous-déclaration s’explique en partie par la longue période de latence entre l’exposition à une matière cancérigène et la survenue de la maladie. Mais il existe aussi des freins psychologiques à la déclaration, comme le souligne Marine Jeantet, directrice des risques professionnels de la Cnam : « Faire reconnaître sa maladie comme d’origine professionnelle, c’est remettre en cause un travail auquel on a souvent consacré toute sa vie ». À cela s’ajoute la difficulté de toucher les publics concernés, qui sont souvent retraités et plus préoccupés par leur état de santé que par les conséquences de la déclaration de leur cancer comme maladie professionnelle. « Nombreuses sont les personnes malades qui ignorent que la rente viagère à laquelle ils peuvent prétendre sera versée à leurs ayants droit en cas de décès », poursuit Marine Jeantet. Cette rente, d’un montant annuel moyen de 17 000 euros, a un coût total de 1,2 milliard d’euros pour l’Assurance maladie.

Afin de favoriser les déclarations, l’Assurance maladie va mettre en place un nouveau dispositif d’accompagnement des malades et poursuivre ses actions de détection ciblée, à l’image de la campagne de dépistage du cancer de la vessie, initiée en 2008, qui a permis de multiplier par 6 le nombre de cas pris en charge au titre des tableaux.

Face aux « éventuels cancers à venir », l’Assurance maladie déploie également un programme de prévention des risques chimiques qui prévoit notamment des aides financières pour les entreprises de moins de 50 salariés.

Comment évaluer et limiter les risques ?

L’outil Seirich permet d’évaluer le risque lié à l’utilisation de produits chimiques au sein des entreprises. Sur le site de l’INRS, 93 fiches techniques d’aide au repérage et à la substitution des cancériagènes sont consultables en ligne.

www.seirich.fr

www.inrs.fr

Auteur

  • Ingrid Seyman