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Sur le terrain

Engagement : Delville Management favorise l’actionnariat salarié

Sur le terrain | publié le : 01.05.2023 | Lucie Tanneau

Le cabinet de management de transition Delville Management a ouvert son capital à ses salariés depuis 2022. Une manière d’impliquer les équipes et de les fidéliser.

Depuis 2021, Delville Management a décidé d’offrir à ses collaborateurs la possibilité de devenir actionnaires. Et sept d’entre eux (sur une trentaine) détiennent aujourd’hui des parts dans ce cabinet de management de transition. « Nous avons engagé début 2022 une réflexion sur la stratégie de l’entreprise – dont l’ADN est vraiment le collectif – et notamment sur la problématique de la rétention des talents : nous sommes convaincus que l’actionnariat salarié est une manière efficace non seulement d’impliquer l’ensemble des équipes dans la durée, mais aussi de permettre aux salariés de récolter le fruit de leur travail », résume Alexandra Cadic, directrice générale adjointe du cabinet, en charge des RH. Aujourd’hui, l’actionnariat salarié représente 15 % du capital de Delville Management.

Un premier pas avait été fait avec la distribution d’actions gratuites en 2016. Le cabinet s’est ensuite scindé en deux, en 2021. Patrick Abadie, l’un des deux cofondateurs, a alors décidé d’initier un projet d’actionnariat salarié. Après un an d’échanges avec des entrepreneurs, notamment du réseau Croissance plus, et des avocats, Delville Management a proposé à six de ses salariés d’investir. La société a depuis décidé d’aller plus loin. « Nous sommes persuadés que l’actionnariat salarié décuple l’engagement et permet la rétention et la fidélisation des talents », indique Alexandra Cadic. Depuis février 2022, tous les salariés ayant plus de deux ans d’ancienneté peuvent donc prétendre à des actions. « Au 30 juin de chaque année, nous faisons valoriser la société par un valorisateur indépendant et les salariés volontaires peuvent acheter des parts, à la valeur du marché », enchaîne-t-elle. Un septième salarié a rejoint l’actionnariat l’année dernière, et six autres compléteront le groupe cette année. « D’autres salariés auraient pu y prétendre, mais ont d’autres priorités – comme acheter un appartement –, nous comprenons ce choix et nous ne le jugeons pas, dit-elle. En outre, certains salariés ont aussi une aversion au risque. Nous avons dû faire de la pédagogie : même si nous affichons une croissance de 40 % depuis plusieurs années, acheter des actions est risqué et nous ne pouvons pas garantir le rendement. »

Paliers hiérarchiques

Le groupe a décidé de fonctionner par palier, pour respecter la hiérarchie de l’entreprise dans le capital. Le montant minimum est de 2 500 euros, afin de garantir l’accès à tous, y compris aux plus petits salaires. Le premier palier est ensuite à 10 000 euros (accessible en plusieurs fois), avec un maximum fixé à 80 000 euros. Delville facilite également le contact avec l’une de ses banques partenaires pour permettre à ses salariés de négocier des prêts afin d’acheter des actions s’ils le souhaitent. Trois ans après le premier achat, les salariés peuvent réinvestir le même montant. Ce deuxième achat devrait être abondé du même montant par le groupe.

« Nous sentons que cela fait envie aux candidats que nous recevons en entretien d’embauche : c’est un élément d’attrait qui peut vraiment faire la différence dans le processus de recrutement », relève encore Alexandra Cadic. Pour Alexandre Michalowski, business development manager pour le cabinet, l’actionnariat salarié « permet de se sentir impliqué », dit-il. « Je ne serai peut-être plus là aujourd’hui sans cet outil de récompense », avoue ce professionnel qui est entré dans la société en alternance – et y a fait son chemin… « C’est une manière de travailler aussi pour soi : le projet professionnel prend en conséquence un autre intérêt. J’ai un peu l’impression de travailler pour ma boîte, comme un entrepreneur auprès du fondateur… », explique-t-il. Au point, même, de se sentir « un peu managers », selon son expression. Et de prendre soin non seulement des collègues, mais aussi des clients et de l’entreprise dans son ensemble. D’autant qu’avec 5 % du capital, il estime que la somme investie devrait rapporter à terme… « Cela permet aussi de créer un noyau de salariés soudés : nous nous rencontrons régulièrement, de manière informelle, pour prendre soin les uns des autres, car nous sommes impliqués, financièrement et collectivement, dans l’entreprise », ajoute-t-il.

Changer la donne

Pour lui, être actionnaire « change la donne : chacun de nous a à gagner – ou à perdre », résume-t-il. Une bonne raison pour faire en sorte que tout se passe bien et de se consacrer à plein aux tâches imparties… Enfin, « si un collègue a un beau succès commercial, je me réjouis sans me poser la question du variable, car j’y gagne aussi », sourit-il. La relation entre collègues en est d’autant apaisée…

Auteur

  • Lucie Tanneau