Service civique, un substitut à l’emploi ?
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C’est la question que pose une récente étude publiée par l’institut national de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP), dont les résultats attestent d’une augmentation symptomatique de la proportion d’inactifs et de chômeurs parmi les volontaires. Entre 2010 et fin 2016, 47% des personnes ayant réalisé un service civique étaient des demandeurs d’emploi et 17% des inactifs, les personnes ayant déjà un emploi n’étant que 4% à avoir voulu s’engager dans ce dispositif. La part des jeunes qui peinent le plus à s’intégrer sur le marché du travail a d’ailleurs constamment progressé parmi les volontaires, ainsi un quart d’entre eux avaient-ils un diplôme inférieur au bac, en 2016. La corrélation entre le recours au volontariat et le chômage des jeunes se vérifie également au niveau géographique, comme en atteste la forte croissance des missions dans les Hauts de France et les régions ultramarines. Dernier enseignement de l’étude : les services de l’État, qui accueillaient moins de 2% des volontaires en 2014, en rassemblaient 17% en 2016.  Ce qui fait écrire aux auteurs de l’enquête que l’État, comme les collectivités territoriales ont pu « assimiler le service civique à un contrat aidé ». Et comme il n’existe aucune autorité pour contrôler une éventuelle dérive du dispositif,  on peut aisément imaginer que le service civique continue à être utilisé, de plus en plus fréquemment, comme un substitut à l’emploi. Pour rappel, l’indemnité versée à un volontaire en service civique s’élève à 577 euros par mois. Alors que le SMIC brut mensuel est à 1498 euros.